Retour sur l’histoire d’Abalecon depuis 2006 : nous vous proposons de lire ou relire des articles du Lugner-Denuziant, un ancien journal abaleconien, pour redécouvrir les pages de l’histoire récente d’Abalecon. Voici un premier article rédigé par Ana L. Knapcynescu à propos de celle qui deviendra bien plus tard la Matriarche de tous les abaleconiens. Bonne lecture !


Qu’on se le dise : la Chancelière de la Ville-Libre de Vatfer n’est désormais plus libre. Après avoir des mois durant joué avec le cœur d’un héros de la révolution, puis s’être laissée tombée entre les mains poilues du Conseiller de la République, il faudra désormais l’appeler non seulement « Madame », mais aussi Son Altesse Royale la Grande-Duchesse de Litzebourg. Mais qui connaît vraiment Natacha Straviskova ? Portrait de celle qui s’étale sur notre monnaie.

Née à Cotmus sous domination brisbourgeoise, Natacha Straviskova fit parler d’elle pour la première fois le 17 novembre 2006 en devenant la première Ministre de l’Economie et des Finances (et seule et unique ministre tout court, d’ailleurs). Ce qu’elle y a fait ? Beaucoup compte tenu de la durée limitée de son mandat. Premièrement un décret sur le logement le 18 novembre accompagné d’un formulaire très complet pour s’enregistrer auprès de son ministère, dont nous avons pu obtenir un exemplaire. Pour le plaisir des lecteurs, florilège :

Nom ; Prénom ; Date de naissance ; Désire habiter à ; Rue ; Block ; Code Postal ; Surface du logement ; Nombre de pièces ; Surface cuisine ; Surface salle de bains ; Surface WC (si pas de WC, indiquez pourquoi) ; Surface salle a manger (Si vous n’y mangez pas, indiquez ce que vous y faites) ; Surface chambres (Si pas de chambres, indiquez le nombre de lits, si vous en avez une et que vous n’y dormez pas, indiquez ce que vous y faite.) ; Nombre d’Etages dans l’immeuble ; Nombre de marches d’escalier ; Y a t il un ascenseur ? Si oui fonctionne-t-il ? Si non seriez vous prêt a en faire construire un ? ; Nature de la façade ? ; Etat de la façade ? ; Vue sur la nature ? ; Espaces verts ? ; Espaces vides ? ; Nombre de voisins avant votre installation ; Nombre de voisins après votre installation ; Etages dans l’immeuble ? (si plus de 3, ajouter 1 tous les 4 étages) ; Garage ? ; Place de parking ? ; Place ? ; Cave ? (combien de bouteilles ?) ; Grenier ? Et enfin, précision pour conclure : amende entre 20.000 et 450.000 « zarks » en cas de non respect, mais tout le monde a oublié ce que voulait dire ce mot bizarre…

Deuxièmement, le 19, un budget qui n’était pas au goût de Hidenbourg le Président, l’armée n’avait pas assez selon lui. Docilement, elle accepta de doubler celui-ci au détriment du social et de l’éducation. Le jour même, Hideux-Barge ordonne à sa Ministre de pratiquer une opération pour diminuer la taille de sa poitrine, ce qu’elle refusa. Le lendemain, elle fut bannie, pour revenir 5 jours plus tard après la révolution du Syndiktat.

Tout le monde connaît la suite : le Brisbourg devint Abalecon, Cotmus devint Bradoner, et Natacha déménagea à Vatfer (ex-Fribourg). Commence alors pour Natacha Straviskova une carrière à la Deuxième Délégation (ancêtre de la DAE), puis à la Chancellerie de Vatfer. Entre temps elle a aussi vendu de la PipeulSoup bio et fondé le Parti Sans Conservateurs. Voilà pour la face publique : une femme belle, courageuse et profondément écologiste. Côté pile, le portrait est beaucoup moins flatteur…

Car Natacha a très vite compris son pouvoir sur la gente masculine, et la valeur que pouvait prendre son image : faire des Natatofs une devise à part entière la protègeait de tout ennui financier pour des années encore. Si rien n’indique qu’elle soit à l’origine de cette mode devenue phénomène, force est de constater qu’elle en use et en abuse : du dernier hit des Détraqués aux pots-de-vin à Patrick Debeldant, tout est réglé en quelques flashs.

Mais il n’y a pas que son image qu’elle vend à tort et à travers, et d’aucun pourrait s’étonner de voir une femme de son envergure accepter les avances du vieux Shuby Eÿrenarchos… sinon peut-être pour celui qui remarquera que le début de leur relation coïncident étrangement avec l’élection de l’ydéen au Conseil de la République. Aurait-elle eu l’intention de s’octroyer un régime de faveur auprès de la justice abaleconienne ? Si tel était le cas, elle a très vite déchanté : car s’il n’est pas Délégué, Eÿrenarchos sait déléguer à ses collaborateurs, Debeldant y compris, dont nous connaissons tous l’attitude fonctionnaire (voir Les idéaux s’envolent, les Lois restent…, Lugner-Denuziant du 03/06 2007).

Combien d’hommes a-t-elle encore utilisé d’une manière ou d’une autre ? Nul ne pourra le dire, mais il est clair que la Madone a trouvé une victime de plus en la personne de Rob Mayth, multitronchiste reconnu comme ne faisant qu’un avec le Grand-Duc Michaël Seidel de Litzebourg. Tout avait commencé par une flamboyante déclaration d’amour à Natacha, sur les places publiques abaleconiennes et litzebourgeoises. « Je suis quoi pour toi moi alors cher mari ? » s’était alors interrogé Augusta Seidel, l’épouse du Grand-Duc. Se voulant rassurant, il lui avait confié qu’il ne s’agissait que d’un pari qu’il aurait perdu. Un pari avec Natacha, qui lui aurait promis des photographies de sa personne en cas de victoire… Il faut savoir que Natacha ne parie que quand elle est sûre de gagner.

C’était le 4 août. Dix jours plus tard, c’est officiel : Michaël Seidel se marie avec Natacha Straviskova. « Je n’ai pas divorcé de mon mari, témoigne Augusta Seidel, sous le choc : il a trompée avec une paysanne. » Le Grand-Duc serait donc bigame ? Il est intéressant dès lors de se pencher sur la LegiLitz, qui définit les droits et devoirs des citoyens litzebourgeois : « Les mariages polygames sont également strictement interdit sous peine de poursuites judiciaires ». Supposons que Son Altesse Royale ne le soit pas, cela signifierait qu’il ait bel et bien divorcé. « Pour moi, il n’a pas demandé le divorce officiellement, continue d’insister la principale intéressée, et [si c’était bien le cas] l’Eglise de notre pays l’aurait refusé. ». Et pourtant, une cérémonie religieuse eut bel et bien lieu… A moins que le Pasteur Schengen soit un prêtre de l’espace peu au courant des réalités terrestres ?

La LegiLitz stipule aussi qu’une procédure de divorce nécessite le consentement mutuel des deux partis. Augusta aurait donc donné son accord ? « Je n’avais pas le choix. (…) Je me suis battue, j’avais la moitié du pays derrière moi, mais (…) il n’accepterait pas de se faire battre par moi, il aimerait mieux mettre son propre pays à feu et à sang. J’aime trop mon pays pour le voir disparaître, je me suis sacrifiée pour sauver mon pays. » Question consentement mutuel, on a vu mieux… Le couple grand-ducal dément cependant cette version des faits, prétendant que la rancune lui fait dire des absurdités.

Mais en continuant d’imaginer envers et contre tout que le divorce a bien eu lieu, avec consentement mutuel des deux partis, il reste un dernier article à élucider : « Le délai de « liberté de se marier » après la prononciation du divorce est de 3 mois ». Cela signifie-t-il que le divorcé a trois mois pour trouver nouvelle chaussure à son pied, sous peine d’être condamné à rester célibataire pour le restant de ses jours, ou au contraire est-il imposé aux divorcés une période de trois mois d’abstinence? Le mystère reste entier.

Mais légalité ou pas, il en faudra plus pour convaincre la population de la légitimité d’un souverain qui répudie son épouse du jour au lendemain pour se marier avec une étrangère : Le Temps, un journal litzebourgeois sous la direction du Ministre de l’Intérieur Hjalmar Schacht, écrit dans ses colonnes qu’une large frange de la population réclame dans la rue l’abdication du Grand-Duc, et appelle ainsi le reste des citoyens à les rejoindre. Mais un homme qui s’assied sur ses propre lois, tel un Ugo de Belcyne en culotte courte, en a-t-il quelque chose à faire de l’avis des gouvernés ?

Mais Augusta garde espoir : son ex-mari n’osera jamais déshériter leur fils, Frédéric. « Ca serait guerre civile alors, explique-t-elle. La population commence à être las du Grand-Duc qui croit avoir tous les pouvoirs, et un jour ça va lui éclater à la figure ça. ». En attendant la répudiée se terre dans son pays d’origine, qu’elle préfère garder secret. « Je pourrais le forcer à partir, à me laisser prendre sa place, nous avoue-t-elle. Je ne voulais pas aller jusque là mais je pense que je vais pas avoir le choix… ».

Après tout cela, qui peut encore prétendre que Son Altesse Royale la Grande-Duchesse Natacha Straviskova-Seidel de Litzebourg est aussi pure et innocente qu’elle le laisse entendre ?

Source : http://abalecon.cultureforum.net/t482-abalecon-litzebourg-29-08-07-la-madone-de-mes-pices

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